“Nous sommes les 99% !”
C’est un slogan qui pique encore quand je l’entends. Le mouvement Occupy Wall Street a utilisé ce terme pour dénoncer l’énorme fossé entre les super-riches et le reste du monde. Mais d’où vient ce numéro ? Est-il vrai que les 1 % les plus riches contrôlent un tiers de la richesse du pays ?
La réponse est oui. Mais avant que les statistiques aient un sens, vous devez comprendre la différence entre revenu et richesse.
Revenu et patrimoine : principales différences
La plupart des gens confondent leurs revenus avec leurs actifs. ce ne sont pas les mêmes.
Le revenu est un flux de trésorerie. Il s’agit du montant d’argent qui va sur votre compte bancaire au cours de l’année en raison de votre travail, parallèlement à votre activité.
La Richesse (ou valeur nette) est la valeur cumulée des actifs moins le passif.
Les richesses comprennent :
– Espèces en banque
– Placements (actions, obligations, CD)
– Comptes de retraite (401(k), IRA)
– Immobilier
– Objets tangibles tels que bijoux, œuvres d’art, objets de collection, etc.
Les dettes soustraient du total :
– Hypothèque
– Prêts étudiants
– Solde de la carte de crédit
Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Parce que les inégalités peuvent être très différentes selon la mesure que vous utilisez.
Les différences de revenus sont énormes. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse.
Selon une étude des économistes Thomas Piketty et Emmanuel Saez, en 2008, les 1 % les plus riches gagnaient 17,67 % du revenu total des États-Unis. Moins d’un cinquième. Pour faire partie du top 1 % en 2011, il fallait un peu plus de 500 000 $ de revenus en espèces.
C’est beaucoup d’argent. Mais il ne s’agit pas d’une réelle disparité.
Les inégalités de richesse sont bien plus extrêmes. Selon une analyse des données de la Réserve fédérale réalisée par l’Economic Policy Institute, les 1 % les plus riches contrôlent 35,6 % de la richesse totale du pays. Cela représente plus d’un tiers.
Plus frappant encore, les 10 % les plus riches contrôlent 75 % de la richesse. Les 90 % restants se battent pour l’autre quart.
“Au plus fort de la bulle en 2007, la moitié des Américains ne possédaient pas d’actions.”
Pourquoi cet écart existe-t-il ?
Ce n’est pas seulement de la chance. C’est des mathématiques.
Il est facile de devenir riche quand on a déjà de l’argent. Les personnes riches peuvent épargner et investir une grande partie de leurs revenus. Les ménages à faible revenu consacrent la majeure partie de leur salaire aux dépenses de subsistance immédiates, telles que le loyer, la nourriture, les services publics, la garde d’enfants et le remboursement des dettes.
Il n’y a plus rien pour investir en bourse. Il n’y a plus rien pour nourrir un 401(k).
L’Economic Policy Institute cite des statistiques effrayantes de 2007. Au plus fort de la bulle immobilière et économique, la moitié des Américains ne possédaient pas d’actions. Ils ont été complètement exclus du principal moteur de création de richesse en Amérique.
La politique fiscale creuse le fossé
La politique gouvernementale a également son propre rôle.
Les revenus des revenus du capital (bénéfices provenant de la vente d’actions et d’autres investissements) sont imposés à un taux d’imposition inférieur à celui des revenus ordinaires. Actuellement, ce taux d’imposition est de 15 pour cent par rapport au taux d’imposition marginal plus élevé.
Plus vous gagnez d’argent avec votre salaire, plus vous payez d’impôts. Plus vous gagnez d’argent grâce à vos investissements, plus vous en gardez dans votre poche. Ce système est utile pour les personnes qui ont du capital.
Est-ce nouveau ?
L’écart entre riches et pauvres n’est pas un phénomène nouveau. Il s’agit d’une caractéristique structurelle de l’économie américaine.
L’Economic Policy Institute affirme que depuis 1962, l’écart entre les riches et les pauvres n’a augmenté que de 2,2 points de pourcentage. Les riches sont toujours disproportionnellement riches.
Ce qui a radicalement changé, c’est le taux de croissance des revenus.
Un rapport de 2011 du Congressional Budget Office a souligné cette lacune. Entre 1979 et 2007, les revenus des 1 % les plus riches ont augmenté de 275 %. Dans le même temps, la croissance des revenus de la classe moyenne (21e au 80e percentile) était inférieure à 40 %.
Ce n’est pas une convergence. Cela élargit le fossé.
Comprendre ces chiffres n’est pas seulement une question de politique. C’est très pratique. Si nous voulons réduire l’écart, nous devons faire plus que simplement gagner de l’argent. Il faut bâtir des atouts. Vous devez comprendre comment fonctionnent les gains en capital. Vous devez comprendre qu’épargner pour les mauvais jours est différent d’investir dans une nouvelle vie.
Les 99 pour cent sont bruyants. Mais les chiffres montrent que ces 1 % sont assis sur une montagne.

















